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| le PPRI en question |
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| Écrit par Nicole Bandelier |
| Vendredi, 29 Avril 2011 15:57 |
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Considérant le manque d'information de la population, nous avons décidé : d'une part d'adresser au Maire une demande pour que, avant la fin de l'enquête publique le 20 mai, il engage un processus de concertation avec la population et notamment avec les habitants des quartiers plus particulièrement concernés (voir article précédent le PPRI et la place des habitants) d'autre part d'assurer également nous-mêmes l'information qui nous semble nécessaire quant aux manquements de ce PPRI et d'exprimer nos propositions ci-dessous le document de synthèse remis ce matin aux journalistes (Hérault du jour et Midi libre) lors de la conférence de presse que nous avons organisée. La première conférence de presse de l'équipe locale ! Des militants et des adhérents étaient présents pour apporter leur soutien, et notamment Roméo Lucilbello, responsable départemental. Merci à eux
document : conférence de presse du 29 avril 2011
Conférence de presse du 29 avril 2011
1- Une absence de démocratie manifeste
- Le PPRI est un enjeu important : il conditionne l'avenir de la cité à long terme,
non seulement sur le plan de l'urbanisme (responsabilité municipale) mais aussi pour chacun des habitants situés en zone inondable et qui en subiront directement les effets (obligation d'aménagements)
La municipalité se contente de faire "le minimum légal", une simple enquête publique. L'information est insuffisante et aucune concertation n'existe pour connaître au plus près, l'avis de ceux qui vivent leur ville et recueillent des informations sur des générations.
Pourtant, tout le monde le sait, pour qu'un plan de prévention soit accepté et mis en œuvre il faut que les habitants se l'approprient et en comprennent l'intérêt. Les impliquer et les sensibiliser est une nécessité et un devoir démocratique.
Ex : dans certaines communes De grandes affiches attirent l'œil des passants pour les mobiliser D'autres font participer la population à l'élaboration du Plan en commençant par un questionnaire dans les boites aux lettres des riverains en danger d'exposition au risque, suivi de réunion de concertation dans les quartiers. Alors seulement, on peut demander l'effort de chacun parce que l'on aura tenu compte de leur avis et ajusté les conclusions.
Le Maire se contente d'une formalité réglementaire comme si les habitants n'étaient pas concernés. Une attitude démocratique n'a jamais été son fort ! Le PPRI est une opportunité à saisir pour repenser la ville pour initier un peu de démocratie pour l'instant, ce rendez-vous est manqué !
2- Un PPRI en demi-teinte ajusté aux projets de Mr le Maire
- Le contenu du PPRI laisse dubitatif : est-il vraiment à la mesure d'une réelle prévention ?
Etablir un plan de prévention suppose de bien évaluer et connaître les risques potentiels pour s'en prémunir. Or, tous les aléas ne sont pas pris en compte : risque tsunami, réchauffement climatique et érosion, sont ignorés. Pourtant, le réchauffement climatique peut provoquer une montée des eaux en Méditerranée vers 2060, d'environ 30 à 40 cm supplémentaires d'après les services de recherche de Météo France. Le risque d'effondrement des sédiments de la faille Lacaze Hérault peut provoquer un tsunami arrivant sur les plages de Frontignan et longeant Sète.
Aujourd'hui, les experts prennent en compte une surcote de 2 m. (évaluée précédemment à 1,50 m.) Ceci peut aggraver considérablement les effets de forte houle et de tempête (la surcote est la différence entre le niveau moyen de la mer et le niveau en cas de tempête).
Il est étonnant de noter une différence notoire entre les cartes DDTM (anciennement DDE) de 2007 et de 2010 : En 2007, Villeroy était considéré en zone BU, zone de précaution (des maisons existaient déjà) ; en 2010 cela a complètement disparu.
Ne sont nullement évoqués les risques éventuellement aggravés du fait des décisions urbanistiques ayant précédé ce document, notamment en matière de comblement des zones humides et la création des remblais. A noter : les remblais du futur quartier des Salins, à quelle date ont-ils été autorisés ? La demande a été formulée auprès du service de l'urbanisme qui n'a pas pu fournir l'arrêté préfectoral d'autorisation invoquant "qu'il était perdu" !
Les incidences du comblement des zones humides et des remblais ne sont nullement évoquées dans le document pas plus que les mesures compensatoires obligatoires pour permettre l'écoulement des eaux. La population doit en être informée. Cette situation ne va-t-elle pas aggravée les risques d'inondation dans certains quartiers ? notamment au Pont Levis Des quartiers particulièrement exposés, comme les Quilles et l'Île de Thau, ne sont pas mentionnés.
Le maire se dépêche de faire les travaux de remblaiement avant l'approbation du PPRI pour limiter les contraintes et satisfaire son désir d'urbanisation excessive ; cela nous semble grave. Nous demandons une étude réalisée par des experts indépendants mandatés par le Préfet pour connaître précisément les incidences sur le système hydrologique de ce secteur.
Le PPRI a pour objet la connaissance et la prévision à long terme des risques potentiels pour se prémunir des dégâts mettant en danger les personnes et les biens. La minimisation de cette évaluation ne permet pas d'établir un véritable plan de prévention.
3- SÈte 2. 0 entre discours et réalité, une ville en mouvement non naturel
- Le PPRI doit s'inscrire dans une politique urbaine cohérente et à long terme, en tenant compte de l'environnement historique et géographique
La rapidité de mise en œuvre des travaux pour l'implantation de nouveaux quartiers - entrée Ouest et projet à l'entrée Est - L'absence de pilotage municipal pour l'élaboration et l'information de ce PPRI, nous font douter, une fois de plus, de l'existence d'une véritable politique urbaine.
Sont également concernées les mesures de réhabilitation des quartiers anciens en centre ville. Dans les travaux réalisés aujourd'hui, est-ce que les risques d'inondation ou de remontée des eaux en sous-sol ont été pris en compte ?
Un PPRI n'est pas un gadget obligatoire, il nous oblige à interroger nos fonctionnements urbains et donc à repenser la ville en tenant compte des atouts et des obstacles locaux, non pas pour les contourner (comme c'est souvent le cas à Sète) mais, au contraire, "faire avec" et les intégrer dans toutes les décisions d'urbanisme.
Lors d'une conférence inter-partenariale le 21 avril à Montpellier, les différents intervenants incitaient à transformer l'obstacle en atout pour repenser la ville et de façon qualitative. Le Maire adjoint de Sommières disait non seulement faire et vivre avec le risque mais l'intégrer dans la politique municipale et dans la culture locale pour "bien vivre avec".
Les plans de prévention, sont parmi d'autres, des outils pour repenser et réorganiser la ville et à l'échelle de 50 ans, pour nous mais surtout pour nos descendants.
Vouloir nier les risques, c'est exposer volontairement les habitants à des dangers. Les élus sont responsables de l'intérêt général et de la protection de la population.
Ceci signifie : - Arrêt de l'urbanisation sur les zones inondables, comme le prévoit le règlement
- Construire, avec autorisation spéciale en certains lieux, en intégrant les mesures de mitigations (hauteur des premiers planchers, favoriser l'écoulement des eaux, utiliser des matériaux de qualité et résistant à l'eau, etc.)
Les propositions du MoDem
- Sensibiliser et impliquer la population des quartiers concernés par la mise en place d'une véritable concertation
- Vérifier par des études précises et complètes les incidences des remblais et comblement des zones humides sur le système hydrologique local et la validité des mesures compensatoires.
- Mettre en place un service de conseil et d'accompagnement des habitants situés en zone à risque pour les soutenir dans les aménagements qu'ils vont devoir réaliser suite à l'approbation du PPRI.
- Intégrer dans les documents d'urbanisme de la ville, dès maintenant et au fur et à mesure des décisions, les mesures de prévention indiquées dans ce PPRI
- Réaliser dans les plus brefs délais le PLU, toujours en attente
- Informer les habitants sur les règles d'urbanisme sétoises afin qu'ils puissent en contrôler les applications
- Demander au Préfet d'exercer plus précisément son rôle de contrôle et l'arrêt des dérogations qui n'en finissent pas de produire des effets néfastes à une politique urbaine intelligente
- Elaborer un PPRI à l'échelle du Bassin de Thau, sachant que des mesures prises, ou non prises, à un endroit auront des répercussions dans les communes avoisinant l'étang. Cela permettrait également une politique intercommunale cohérente
En attendant,
le MoDem local s'engage dans des actions d'information et d'échanges avec les habitants par
- cette conférence de presse
- la mise sur le site www.modem-setebassindethau.fr d'un document sur le PPRI
- des rencontres informelles
- des réunions de quartiers pour permettre les échanges entre habitants, informer sur els incidences conrètes, répondre aux questions et aux inquiétudes.
Il est encore temps de prendre notre place dans cette démarche et de montrer à la municipalité notre volonté de participation et de faire reconnaître notre "expertise d'usage".
(à noter que l'enquête publique est prolongée jusqu'au 20 mai prochain)
Un document circonstancié sera remis au commissaire enquêteur
Fait à Sète le 29 avril 2011 l'équipe locale MoDem Sète et Bassin de Thau
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| Mise à jour le Vendredi, 29 Avril 2011 16:17 |
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