Thursday 31st of May 2012

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Une épée de damoclès pour les thoniers PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Christiane Dubau   
Dimanche, 22 Novembre 2009 22:12

Une nouvelle fois, la CICTA ménage la chèvre et le chou. Le 16 novembre 2009, la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés d’Atlantique) réunie à Recife au brésil, vient de décider de réduire le quota mondial de 22 000 tonnes à 13 500 tonnes, soit une réduction de 40% par rapport à 2009.

Les 48 pays membres de la CICTA se partageront ces quotas de pêche en 2010, normalement…

La saison de pêche sera réduite d’un mois par rapport à 2009, du 15 mai au 15 juin 2010, sans possibilité d’extension si mauvais temps comme les années précédentes.

Ce compromis pourrait se retourner contre ses auteurs, car l’avenir du poisson est désormais entre les mains de l’organisation qui protége les espèces menacées. La balle est dans le camp de la CITES : convention de l’ONU sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacée d’extinction.

Elle doit étudier la proposition de Monaco, qui soutenue par l’UE, a proposé l’inscription du thon rouge sur l’Annexe I qui entraînerait une interdiction de commercialisation du thon rouge.

Cette proposition sera discutée en mars 2010 lors de la prochaine réunion de la CITES à Doha.

Rappelons qu’en juillet 2009, suite au grenelle de la Mer, Nicolas Sarkozy envisageait d’interdire le commerce du thon rouge.

Depuis, la position de la France penche plutôt vers l’inscription à l’Annexe II, qui encadre mais n’interdit pas le commerce. 

Le quota adopté par la CICTA pour 2010 est dénoncé par les organisations de défense de l’environnement. Ils jugent le TAC (total autorisé de capture) encore trop élevé pour permettre une restauration du stock.

Les ONG espéraient une suspension provisoire ou au maximum un quota de 8 500 tonnes, considéré comme raisonnable par les scientifiques de la CICTA. Ces 13 500 tonnes (situé dans le haut de la frouchette préconisé par le comité scientifique de l’CICTA) n’aurait que 20% de chances d’aboutir à terme à une reconstruction du stock de thon rouge.

Leur espoir est de voir aboutir la demande de Monaco c'est-à-dire l’inscription à l’Annexe I (CITES) et soutenue par les Etats-Unis.

Pour Greenpeace, c’est un nouvel échec, ils estiment que seul un moratoire immédiat aurait permis de donner une chance de survie à l’espèce. 

Pour WWF Méditerranée, ce n’est pas un quota scientifique mais un quota politique, une preuve de l’inefficacité de la CICTA.

Le moratoire soutenu par certaines organisations de défense de l’environnement (WWF ou Greenpeace) et scientifiques préconisant de fermer la pêche au thon rouge au moins 2 à 3 ans le temps de laisser les stocks se reformer n’a pas été retenu par la CICTA. Cela induit qu’il n’y aura pas d’indemnisation pour les métiers de la pêche au thon rouge. 

Un espoir pourtant, au sujet du retour du thon rouge, mis en évidence par les survols du golf du lion par IFREMER nous avait animé. Mais hélas, les thons rouges sont en dessous de la taille réglementaire qui est de plus de 30kg. 

Ainsi donc, en attendant la sentence de la CITES en mars, les professionnels de cette pêcherie ont une épée de damoclés suspendu au-dessus de la tête.

 

Sources AFP/Midi Libre/ Le Monde/Ushuaia 

Mise à jour le Vendredi, 18 Décembre 2009 10:25
 

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