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| François Bayrou répond à Alain Minc ! |
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| Écrit par Christiane Dubau |
| Jeudi, 25 Août 2011 18:24 |
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François Bayrou réagit à l’interview publiée la semaine dernière dans Le Point, par Alain Minc ! Un vrai régal ! Je vous laisse apprécier la plume et l’esprit de notre président ! Monsieur Minc IL FAUT LIRE LE LIVRE et non le réécrire à votre sauce ! Christiane... « J’ai la chance d’avoir en Alain Minc l’ennemi dont on rêve, celui qu’on aurait choisi si on avait à choisir. Minc, c’est un méridianopète. » François Bayrou.
Je ne me plains pas d’Alain Minc. Au contraire. Il est bon d’avoir des ennemis déclarés, car vos ennemis en disent autant sur vous que vos amis. D’habitude, on a les ennemis qu’on peut. Moi j’ai la chance d’avoir en Alain Minc l’ennemi dont on rêve, celui qu’on choisirait si on avait à choisir. Tous les explorateurs vous le diront : il y a deux sortes de boussoles rassurantes. Celles, rares, qui ne trompent jamais et qui vous montrent fidèlement le nord même dans la pire des tempêtes magnétiques. Et, tout aussi précieuses, les boussoles qui se trompent absolument toujours et qui, quelles que soient les évidences, vous désignent, obstinément et avec assurance, le sud. Ce sont les boussoles méridianopètes. C’est Minc. C’est lui qui nous berçait avec « la mondialisation heureuse » ; c’est lui qui nous fit choisir le Minitel au lieu d’Internet ; c’est lui qui dans le mois qui suivit la crise des subprimes diagnostiqua avec sagacité que cette crise était « grotesquement psychologique. C’est de lui que Carlo de Benedetti, qu’il ruina en moins de temps qu’il n’en faut à un curé de campagne pour lire son bréviaire, dit : « Faire de lui un chef d’entreprise, c’est comme confier à un sociologue la gestion d’une charcuterie. » C’est pourquoi quand Minc est en désaccord avec moi, j’en éprouve une sorte d’aise, je me dis que je dois voir plutôt juste. Mais méridianopètes justifiant l’immortelle expression d’Audiard, « ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Abandonnant toute prudence, Minc vient à prendre des risques contre lesquels il me paraît fair-play de le mettre en garde. Passe encore qu’il se laisse aller à écrire des livres avec la plume des autres. Mais au moins qu’il lise, même superficiellement, ceux dont il se mêle de faire la critique. Je me dois donc de l’informer que lorsqu’il me reproche d’ « endosser » dans ce livre « les habits de l’imprécateur ; de celui qui chasse les travers des élites », il n’y a dans « 2012 Etat d’urgence » pas une ligne consacrée aux « élites ». Y en aurait-il au demeurant que Minc n’a rien à craindre : je n’ai jamais songé à le classer d’une manière ou d’une autre parmi les élites. Deuxièmement, il me faut lui indiquer que lorsqu’il affirme que Bayrou avec une « vision un peu villageoise » (j’adore), dit qu’il faut « des barrières protectionnistes aux frontières de l’Europe », il aurait au moins pu lire sinon le texte, nous n’en demandons pas tant à ces intellectuels, du moins les titres des deux chapitres consacrés à cet important sujet : « Le protectionnisme est une tentation impossible » et « Le mirage du protectionnisme européen ». Cela lui aurait évité d’ajouter une page de plus à l’anthologie de ses pénétrantes fulgurances. Quant à s’imaginer que mon discours sur la dette m’aurait été fourni par Jean Peyrelevade, que j’aurais de surcroît « depuis, congédié sans préavis », il révèle sans doute une pratique en vogue dans les milieux que Minc inspire, celle où l’on délègue des gens à penser, à écrire à votre place et où l’on largue les amis quand ils ont finis de servir. Ce n’est pas ainsi que nous vivons, avec notre « vision villageoise ». Nous essayons de penser et d’écrire par nous-mêmes. Et quand nous avons l’amitié et de l’estime pour quelqu’un, nous ne les reprenons pas. Je n’ai pas souvent dans ma vie été d’accord avec Jacques Chirac. Mais il m’est arrivé de penser que son : « Minc, je vous le laisse » n’était pas mal senti. Tribune parue dans Le Point 2032, 25 août 2011.
« Il faut être trois pour apprécier une bonne histoire : un pour la raconter bien, un pour la goûter et un pour ne pas la comprendre. Car le plaisir des deux premiers est doublé par l’incompréhension du troisième. » citation d'Alphonse Allais, écrivain et humoriste français connu pour son humour qui repose sur le logique de l'absurde.
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